Nicolas Abgrall, chargé d’Affaires

Il est la personne en contact direct avec les porteurs de projet. Ses missions ne sont pas toujours mises en avant, pourtant, c'est lui qui accompagne le porteur de projet tout au long de son parcours. L'Incubation en Provence compte trois chargés d'affaires. Aujourd'hui, c'est Nicolas Abgrall, chargé d'affaires de l'Incubateur Impulse, spécialisé dans les projets sciences pour l'ingénieur et sciences et technologies de l'information et de la communication, qui a bien voulu nous parler de son métier ...
 
 
Rôle et missions au sein de l'incubateur inter-universitaire Impulse

Il me semble important de rappeler le contexte de notre mission de chargé d'affaires et l'origine de la création des incubateurs. En effet, la loi sur l'innovation et la recherche de 1999 a permis de nouvelles possibilités de coopération avec les entreprises pour les personnels de recherche (mobilité des hommes et des femmes de la recherche vers l'entreprise, collaborations entre la recherche publique et les entreprises, cadre fiscal et juridique pour les entreprises innovantes).
Conjointement, les incubateurs ont alors été créés pour faciliter cette coopération, encourager et accompagner cette démarche, particulièrement la création d'entreprise de haute technologie par des personnels de la recherche, des étudiants ou des entrepreneurs valorisant des travaux de recherche par le biais de collaboration avec des laboratoires par exemple.

Je suis ainsi quotidiennement au contact de ces porteurs de projets (professeur, directeur de recherche, maître de conférence, enseignant-chercheur, doctorants, etc.) qui recherchent un soutien dans leur initiative, afin de mettre toutes les chances de réussite de leur côté. Malgré leurs connaissances et leur expertise de pointe, reconnu souvent internationalement, il n'en reste pas moins que ces scientifiques restent encore novices, même si quelques exceptions existent, dans les étapes à suivre pour la création d'entreprise et le domaine des affaires plus généralement (marché, concurrence, prix, propriété industrielle, négociation de contrats, etc.).
Ainsi, mon rôle est de servir nos universités fondatrices et établissements de recherche partenaires (CEA, CNRS, etc.) en coopération avec leurs structures de valorisation, et d'accompagner tout chercheur souhaitant s'impliquer dans une création d'entreprise. Nous avons également une mission de sensibilisation à la création d'entreprise, auprès des jeunes docteurs notamment.

Comment déposer un brevet ? Qui contacter pour financer mon prototype ? Comment choisir un prestataire pour mon étude de marché ? Quels sont les appuis financiers pour développer mon activité ? Comment obtenir le statut Jeune Entreprise Innovante ? Comment et combien le Crédit d'Impôt de Recherche peut optimiser le développement de mon entreprise ? Il s'agit d'être réactif face à toutes les interrogations de toute sorte.
Mon rôle est alors d'épauler le créateur et d'évaluer les points forts et les points faibles du projet, afin de leur proposer de rectifier le tir si besoin, comme par exemple la recherche d'une nouvelle compétence à intégrer à l'équipe. Je l'aide à formaliser un business plan qui permettra de présenter son projet à des partenaires ou financeurs potentiels. L'objectif de cet accompagnement est la création d'une entreprise pérenne, dont la faisabilité technique et économique est validée, les bases juridiques posées, et une feuille de route établie pour l'avenir.
En fonction de la maturité du projet, nous allons conjointement présenter le projet à des investisseurs, ou assistons au compte-rendu intermédiaire d'une étude de marché dont nous avons rédigé le cahier des charges par exemple.
J'apporte également un soutien pour la rédaction de dossiers de demande de financement (concours, prêt à la création d'entreprise, aide à l'innovation par exemple), la préparation d'une présentation devant des investisseurs ou encore une mise en relation avec un contact ou prestataire identifié auprès de l'incubateur, afin de débloquer une situation ou d'accélérer le montage de projet européen. Tout va très vite, le temps est compté.
Les points de suivis réguliers dans le cadre de l'incubation, permettent de revenir sur l'avancement du projet, de voir si les objectifs et les jalons fixés sont atteints et de prendre du recul par rapport au quotidien, d'échanger et d'évoquer la stratégie avec un avis extérieur à la société, mais aussi faire un point sur la trésorerie de la société.

Dans notre accompagnement, nous apportons également un premier soutien financier permettant de prendre en charge essentiellement des prestations intellectuelles : des études de marché ou des prestations juridiques (rédaction des statuts, pactes d'actionnaires, commissaire aux apports, rédaction de brevet), mais aussi en communication et marketing notamment. Ces premiers fonds vont permettre de structurer l'entreprise et sa stratégie, et de trouver les premiers financements complémentaires à ceux de l'incubateur.


Comment devient-on chargé d'affaires ?

De formation initiale scientifique et technique, j'ai choisi de m'intéresser dès mon cursus universitaire à l'innovation et à son environnement juridique, réglementaire et marketing. Il est primordial de considérer un nouveau produit, pas uniquement d'un point de vue technique, technologique, scientifique, mais aussi de prévoir sa protection juridique, identifier et anticiper la réglementation, en ayant très tôt une vision du marché.
J'ai donc été formé pour initier et stimuler des projets innovants depuis leur conception jusqu'à leur réalisation. Puis, j'ai développé une compétence en gestion d'entreprise par un 3ème cycle.

Rapidement, j'ai été sensibilisé au sein de laboratoires de recherche en Espagne notamment, ou encore au sein d'un Centre de Ressources Technologiques, aux problématiques de valorisation de travaux de recherche et leurs applications dans le tissu industriel, notamment auprès de PME, afin de créer des passerelles entre ces deux « mondes ».

Mes différentes expériences professionnelles, notamment comme ingénieur consultant au sein du groupe ALTRAN ou Chargé d'Affaires pour OSEO innovation, m'ont permis de travailler avec des entreprises innovantes à fort potentiel.
Cela m'a permis d'intégrer le poste de chargé d'affaires pour l'incubateur inter universitaire Impulse et de mettre mes compétences à disposition des projets accompagnés. Ma spécialité technique me permet de suivre notamment les projets issus des domaines des Sciences pour l'Ingénieur ou des Technologies de l'Information et de la Communication, néanmoins je peux également être amener à suivre des projets de Sciences de la Vie ou de Sciences Humaines et Sociales.