M. Jean Sequeira, Laboratoire LXAO, Unité mixte de recherche Laboratoire des sciences de l'information et des systèmes (LSIS), Universités d'Aix-Marseille- ENSAM-CNRS
De formation ingénieur issu de Polytechnique puis spécialisé en télécommunications, Jean Sequeira a débuté sa carrière en tant qu'enseignant en informatique en Côte d'Ivoire, à l'école d'ingénieur des travaux publics. Il passe ensuite 10 ans au centre scientifique d'IBM où il dirige des travaux de recherche, et y passe sa thèse et son doctorat d'Etat. Il continue sa carrière comme Professeur des universités à l'Université de la Méditerranée au département informatique. Il y crée une activité de recherche auparavant inexistante : l'imagerie numérique.
Q : Parlez nous de la recherche ?
Jean Sequeira : Depuis tout jeune, j'ai toujours souhaité faire de la recherche. Cela m'a suivi tout au long de mon évolution professionnelle. En Côte d'Ivoire, puis au centre scientifique d'IBM et maintenant ici en tant que chercheur, la recherche a été au cœur de mon métier. A IBM, nous avions des moyens impressionnants pour innover et valoriser l'image de l'entreprise (années 80). Et déjà à ce moment là j'avais un lien avec les universités et la recherche publique. Maintenant que je travaille dans un laboratoire public, je fais en sorte de garder le lien avec le monde économique. A mon sens, il est important que, de part et d'autre, les échanges soient constants et que les deux mondes communiquent continuellement. Que ce soit pour valoriser les résultats d'un laboratoire ou insérer les étudiants dans le milieu professionnel, les connexions recherche/industrie ne peuvent être ignorées. Sans pour autant oublier la recherche fondamentale qui permet de faire avancer notre société.
Q : Et de votre domaine de recherche ?
JS : Je suis chercheur au laboratoire des Sciences de l'Information et des Systèmes (LSIS) et membre de l'équipe Images & Modèles (I&M) associée à l'Esil. Spécialisé en imagerie numérique, notre projet scientifique s'articule autour de l'étude et de la mise en œuvre des processus d'analyse, de modélisation et de reconstruction. Analyse d'images, modélisation géométrique, vision industrielle, imagerie médicale, réalité augmentée, sont autant de domaines dans lesquels le laboratoire LSIS et plus particulièrement l'équipe I&M intervient.
Q: Un sujet qui vous tient à cœur ?
JS : Deux projets auxquels je participe. La création, au sein du master SIS Spécialité « Génie informatique », du parcours « intelligence compétitive, vision industrielle et analyse de données » qui se déroule en Chine, à Shanghai plus précisément. C'est la première fois que l'Université de la Méditerranée a passé une convention avec une entreprise chinoise, qui s'occupe de l'aspect logistique de la formation. Le principe est d'amener les professeurs aux élèves, plutôt que de faire venir les étudiants chinois en France. D'une part, le coût de leur formation est réduit et d'autre part, il s'insère directement dans le tissu économique local. La formation se déroule en anglais et en français. Cette année nous comptons déjà 30 étudiants.
Je suis impliqué dans le projet « International Society for Digital Earth » (ISDE), créé en mai 2006 à Pekin. Organisation non gouvernementale et à but non lucratif, elle fait suite au discours d'Al Gore "The Digital Earth : Understanding our planet in the 21st Century". Le but est de mettre à disposition du grand public une vision de notre planète par le traitement de données tangibles notamment grâce à l'utilisation de l'imagerie satellitaire. Je me retrouve dans cette organisation pour sa philosophie. Se côtoient dans ses conférences à la fois les sciences dites « dures » (informatique, imagerie), et d'autres dites « douces » comme l'écologie et la sociologie, avec une même préoccupation sociétale : notre planète.
Q: Vous avez travaillé en collaboration avec le projet Virtual Dive, vous pouvez nous en dire plus ?
Cela a débuté il y a trois ans, de manière informelle. Alain Dinis, le porteur du projet, m'a présenté sa vision du « tryton », qui a été le point de départ de l'entreprise telle qu'on la connaît maintenant. Cela m'a paru très ambitieux, presque trop, mais il a su me convaincre. Avec peu de moyens pour commencer, nous avons mis en place une équipe, surtout composée de stagiaires, pour faire avancer la réflexion et le développement d'une démo. Le projet a fait du chemin depuis, avec le financement par l'ANR pour le développement de la R&D et surtout grâce à la personnalité d'Alain et sa persévérance. Adrien Nisan, thésard au laboratoire LXAO, valorise son savoir dans l'entreprise et permet de répondre au besoin important de recherche du projet.
en savoir plus > http://jean.sequeira.perso.esil.univmed.fr/JeanSequeira.html