Paroles à : Dr. Geneviève Rougon

Docteur d'Etat en biochimie, directeur de recherche au CNRS, directeur scientifique adjoint du département Sciences de la Vie au CNRS de 1997 à 2000, elle dirige actuellement l'Institut de Biologie du Développement de Marseille-Luminy (IBDML), unité mixte de recherche CNRS - Université de la Méditerranée (UMR6216) , créée au 1er janvier 2006. Geneviève ROUGON est spécialiste des mécanismes impliqués dans la formation des réseaux neuronaux au cours du développement et leur plasticité chez l'adulte.
Co-créatrice de la société Pharmaxon, elle nous fait part de son expérience en tant que directrice de recherche et créatrice d'entreprise accompagnée notamment par l'Incubateur Impulse.

 

Q : D'où vous est venu l'idée de la création d'entreprise ?

Geneviève Rougon : Je fais de la recherche fondamentale en neuroboliogie. Avec mon équipe, j'étudie le fonctionnement du système nerveux. En comprenant mieux celui-ci, nos recherches permettront de reconstruire le mécanisme détruit à cause d'un traumatisme. La Recherche fondamentale n'a pas de finalité économique. Mais, lorsque le laboratoire a validé les différentes expériences, nous ne voulions pas en rester là. Il y avait un grand intérêt à ce que ces résultats soit transposés pour la clinique. Le plus grand nombre devait pouvoir bénéficier de cette avancée médicale. L'idée de la création d'entreprise a donc émergé au niveau de l'équipe et surtout de M. Jean Chrétien Noreel, post-doctorant à l'époque. J'estime qu'il est essentiel de valoriser la recherche, et cela par conviction personnelle ; il faut dire aussi qu'en interne, on nous rappelle régulièrement que la recherche ne peut plus être complètement séparée de l'économie.

 

Q : Comment l'accompagnement s'est-il déroulé ?

GR : En raison de notre situation géographique, on s'est vu accompagner, au début par l'association Grand-Luminy. Le projet Pharmaxon, surtout porté par Jean Chrétien Noreel a donc commencé à voir le jour. D'abord, nous avons été accompagnés, encouragés mais la création d'entreprise, ce n'est pas si simple. Ensuite, l'Incubateur Impulse nous a suivi. Il est essentiel d'avoir un incubateur à ses côtés. Ils nous ont permis de s'insérer dans les réseaux, de participer aux concours d'aide à la création et de se structurer. Cette expérience m'a beaucoup appris. Il y a un fort besoin de modules à propos de la création en direction des doctorants. J'estime qu'ils ne sont pas assez sensibilisés à la valorisation de leurs résultats de Recherche. C'est en étant confronté à la situation que l'on s'en rend compte.

 

Q : Si vous aviez un conseil à donner ?

GR : Il est important que le projet sorte physiquement du laboratoire. Mais celui-ci doit aussi rester en contact avec les chercheurs. Une proximité physique, avec l'installation de la société auprès du laboratoire semble, à mon avis, une bonne solution. Pour Pharmaxon, une convention entre l'entreprise et le laboratoire a été signée pour que l'entreprise continue à utiliser le plateau technique, un investissement bien trop lourd pour une jeune entreprise. Cela a permis des échanges entre l'équipe du laboratoire et l'entreprise : échange de savoir-faire, rigueur, expérience du terrain ... Les deux y gagnent.

 

Q : 3 ans après la création, quel bilan faîtes vous ?

GR : Je suis satisfaite d'avoir pu participer à la création, si c'était à refaire, je le recommencerais volontiers. Maintenant, je sais comment m'y prendre. Il est essentiel de s'entourer et d'avoir une équipe avec divers profils, tant techniques que commerciaux. La création d'entreprise est un investissement quotidien qui demande beaucoup de courage et de patience. On ne s'improvise pas dirigeant. C'est pour cette raison que la société a rapidement recruté un manager. Ma plus grande joie reste toujours d'annoncer la création de douze emplois hautement qualifiés, alors que l'entreprise n'a que trois ans.

 

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Pharmaxon est une société biopharmaceutique émergente qui développe des médicaments modulateurs de la mobilité cellulaire destinés au traitement des lésions, des maladies dégénératives et des cancers du système nerveux.